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'cause your soul is on fire. ▬ asmo'&colt

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Lun 11 Sep 2017 - 13:36
Asmodée H. Davis
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Mon Job : Ingénieur en génie civil officiellement, tueur à gages officieusement.
état Civil : Veuf, volontairement. Mais son âme appartient à ce démon qui lui ronge le coeur.
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R
ien qu’un coup de téléphone, et une tête va tomber. Je range mon téléphone dans ma poche et je regarde l’heure, fumant une dernière cigarette sur ma terrasse, face à la piscine. Ca fait déjà une semaine que j’enquête sur cet homme, son dossier étant posé sur mon bureau que j’étudie jour et nuit afin de le coincer au moment le plus opportun. Il a deux enfants, divorcé depuis de nombreuses années. Un homme haut placé, qui met des bâtons dans les roues de ses patrons. Un homme qui tenterait un coup d’état, certainement. Je me dirige vers ma chambre, préparant mes affaires minutieusement. J’entends des bruits de pas se dirigeant vers l’endroit où je me trouve et m’empresse de tout fourrer dans mon sac, le fermant sournoisement et me redressant, me tournant vers l’homme se trouvant sur le pas de ma porte. Un sourire en coin se dessine sur mes lèvres puis je me saisis de mon sac et m’approche de lui, lui dérobant un baiser. « J’espère que tu seras là à mon retour. » Tout dépend de ce qu’il a prévu aujourd’hui. Mais le savoir auprès de moi apaise mes mœurs. Il se décale et me laisse passer puis je lui jette un dernier regard avant de quitter notre villa et de me mettre en route vers le centre ville où l’opération doit s’effectuer.

Arme dissimulée à l’arrière de mon dos, caché par une veste de costard et un petit poignard attaché à ma cheville, je me dirige vers une terrasse d’un café où l’homme en question à l’habitude de se rendre avant de reprendre le travail. Je glisse mes lunettes de soleil sur le nez, mon regard s’étendant sur une bonne partie de la terrasse, jetant même un coup d’œil à l’intérieur. Il n’est pas encore là, mais il ne devrait pas tarder. Je m’installe à la terrasse, journal en main, tout en regardant autour de moi. Je n’éprouve aucun stress ni aucune nervosité. La prison aide à maitriser votre selfcontrol. La prison m’a aidé en beaucoup de choses et m’a totalement changé. Je n’suis pas le genre de mec qui se pisse dessus dès qu’il y a du sang ou qu’il s’agit d’ôter une vie. Je n’suis pas le genre de mec qui voudrait se sauver en plein désert afin de ne pas avoir à faire de genre de choses. Tuer est devenu un besoin, une passion. Je n’éprouve aucun remord, ni aucun regret. Seulement de la satisfaction. Depuis bien longtemps, une grande partie de mon humanité est morte. Je n’sens plus cette flamme qui brûle en moi, toute cette compassion que j’ai pu éprouver à une certaine période de ma vie. Mon cœur est rempli de ténèbres, et mon âme se soumet volontiers. Depuis bien longtemps j’ai cessé de me battre avec ces démons, on est du même côté désormais et honnêtement, c’est bien loin de m’en déplaire. On se sent en vie, on se sent bien mieux même si l’on cohabite avec la mort, la souffrance et la haine. Mais je l’ai choisi, cette vie, et je ne l’ai jamais regretté. Qu’importe tout le mal que je puisse faire. La seule personne qui a toujours compté et pour qui j’éprouve de réels sentiments est mon frère. Sans lui, je sais que l’infime partie d’humanité serait déjà morte, et il ne resterait plus rien de ce que j’ai été avant.

La cible pointe le bout de son nez. Je l’observe discrètement, en silence avant de retourner lire faussement mon journal, tout en gardant un œil sur lui. Il ne restera que quinze minutes ici précisément et ira s’isoler dans un parking souterrain, dans les toilettes afin de prendre sa dose quotidienne.

L’homme finit par s’en aller, plus tôt que prévu. Je replie mon journal et enfile mes gants en cuir qui épousent la forme de ma main, lui laissant un peu de marge tout en le gardant dans ma ligne de mire puis je me lève, afin d’aller le suivre discrètement tout en vérifiant de ne pas être suivi et qu’il ne se doute de rien. Comme prévu, il se dirige vers un parking souterrain où à cette heure-ci, il n’y a pas beaucoup de monde. Un autre homme attire mon attention et je me terre dans l’ombre, serrant les dents. Que fait-il ici ? Il ne m’a pas l’air tranquille et me parait louche. Je les suis, discrètement, faisant mes pas plus légers et plus discrets. Je n’ai pas le droit à l’erreur, et je n’en fais quasiment jamais. Je zigzague entre les voitures, tout en les gardant dans mon champ de vision, me rapprochant de plus en plus de la cible. S’il y en a un qui doit le descendre, ça ne sera pas quelqu’un d’autre. La future victime regarde autour d’elle, s’assurant qu’il n’y ait personne et s’engouffre dans les toilettes. J’aperçois que l’autre homme n’est plus là. Etait-ce sans doute une fausse alerte ? J’évite de me trouver dans le champ de vision des caméras et par chance, aucune n’est rivée vers les toilettes. Je m’y dirige rapidement et donne un violent coup dans la porte qui s’ouvre à la volée, mon arme pointée vers lui. L’homme panique et lève les mains, le nez souillé par la cocaïne. Il se recule jusqu’au mur, tremblant. « Ne…Ne tirez pas … » Mes pupilles se dilatent, l’appel du sang me dévore jusqu’à la moelle. Je souris en coin, glissant ma langue sur mes lèvres. « Un ordre est un ordre. »



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Mer 13 Sep 2017 - 6:11
Angelo Delgado
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12 Mai 1995

La main sur la poignée de la porte, Colt regardait d’un oeil effaré Serena et Don s’afférer autour d’Elise. Il l’entendait gémir, voyait ses poings agripper les cousins du canapé et ses jambes se contracter à mesure que Serena enfonçait l’aiguille dans sa chair à vif.
Il lui fallut un instant avant de réaliser qu’il s’agissait bien de sa belle-mère. Elle n’aurait jamais dû se retrouver dans cette situation. Ce n’était pas sa place.
Fébrile, il s’avança à la hâte et constata les dégâts. Rainy l’avait appelé pour le prévenir de la situation, mais Colt ne connaissait pas la nature ni l’emplacement de la blessure en question. Il jeta un oeil amer à cette large entaille sur sa joue et eut un haut le coeur. Heureusement, la lame n’avait pas touché l’oeil. C’était déjà ça.
Pourtant, la plaie prenait pour ainsi dire la moitié de son visage et elle semblait profonde.
Serena s’affairait dans le plus grand calme, tentant de limiter au maximum la douleur qu’elle infligeait à sa patiente du jour.
Don tenait les épaules d’Elise et tentait tant bien que mal de l’immobiliser mais elle était parcourue de tremblements incontrôlables et des larmes de douleur coulaient sur sa joue meurtrie. Il n’y avait pas la moindre chance pour que cette plaie ne laisse aucune cicatrice. Colt avait pris bien assez de coup pour distinguer une égratignure d’une véritable balafre.
Il suffisait de le voir nu. Ses cicatrices étaient bien plus bavardes que sa bouche et ces marques lui valait parfois des questions auxquelles il ne donnait jamais de réponse.
Don lui jeta un coup d’oeil sombre et le conjura de «se bouger un peu le cul». Colt se prit cette réflexion comme une claque et s’activa sans plus tarder.
Après s’être désinfecté les mains, il tentait à présent d’éponger le sang sur le visage de sa belle-mère. Serena lui avait déjà fait pas moins de quatre points et elle n’avait pas encore fini.
Colt croisa le regard clair d’Elise et eut un arrêt. La bouche entrouverte, il la regarda sans savoir quoi dire ni quoi faire, tout juste bon à nettoyer sa peau couverte de rouge.
Tout ça, c’était de sa faute. S’il ne s’était pas prit la tête avec Don, Elise serait sans doute en train d’éponger le sang, pas de se faire recoudre la tronche.

Celui qui aurait dû se retrouver sur ce canapé, c’était Colt. À la base, c’était lui qui devait conduire Don, pas Elise.
C’était comme si une vague de culpabilité venait de se déverser sur lui. Il délaissa sa serviette éponge et attrapa le visage d’Elise pour aider Don à bloquer les mouvements de la jeune femme. Elle le regarda droit dans les yeux, comme si elle cherchait un peu de réconfort dans ce moment douloureux.
Il se passa quelques minutes pendant lesquelles elle continua de tréssaillir et de gémir, incapable de taire la douleur qui la rongeait. Pourtant, au bout de quelques minutes elle sembla devenir moins remuante et ses yeux devinrent de plus en plus vide, comme si elle n’avait même plus conscience de ce qui se passait autour d’elle.
Ce n’est que lorsqu’elle ferma les paupières que Colt et Don se tournèrent à l’unisson vers Serena, inquiets de la tournure que prenait les choses.

-Elle est tombée dans les pommes. Ne vous inquiétez pas, c’est son corps qui cherche juste à se protéger de la douleur. C’est mieux comme ça.

Elle s’activa d’autant plus pour finir avant qu’Elise ne reprenne conscience. Colt lâcha Elise et alla se servir un verre à la cuisine. Dépité, il vida d’un seul trait son contenant et en servit un à Don qui attrapa le verre sans un mot. Colt ramena de l’eau à Serena, préférant éviter de lui proposer de l’alcool aux vues de ce qu’elle était en train de faire.
Lorsqu’il alla s’asseoir à côté de Don, ce dernier lui jeta un regard indéchiffrable.
Lui en voulait-il ? Avait-il envie de le tuer, là, maintenant, ce fils non désiré qui ne l’écoutait même pas ?

-Don, je...
-Y a rien à dire. On est tous des débiles au pays des trous du cul. J’ai le trône, Elie a le sceptre et toi la couronne. Point.

C’était sa façon de lui dire que cette erreur était partagée. Que si Colt avait prit une mauvaise décision, Don avait été faible de céder au chantage d’Elise.

C’est ce jour-là, après des heures passées auprès d’Elise que Colt réalisa vraiment qu’une seule décision pouvait changer le court d’une vie. La réalité de son travail venait de lui exploser à la figure comme une bombe et il comprenait enfin le sens des mots de Don.

«L’improvisation n’est pas une issue. Tu dois réfléchir à tout, envisager chaque possiblitée afin que rien, jamais, ne devienne un problème.»

C’est à cet instant précis que Colt se jura de ne jamais plus oublier le sens de ces mots.

__________________________________________

De nos jours

Les yeux fermés, Colt passait son couteau de main en main, complètement absorbé par ses propres pensées. Il repassait dans sa tête les différents scénarios qu’il s’était imaginé. De celui où tout se passait comme sur des roulettes à celui où tous ses plans se cassaient la gueule comme le ferait une vieille avec des hanches en plastique sur une planche de surf.
Après une dizaine de minutes à envisager tout ce qui était possible et inimaginable, il se décida enfin à s’activer. Un rapide coup d’oeil à sa montre lui démontra qu’il n’avait effectivement même plus assez de temps pour se gratter les couilles.
Son colt sagement rangé à sa ceinture et rendu invisible par la veste qu’il portait, il détailla à la hâte son apparence pour s’assurer qu’il n’avait pas l’air trop suspect. Comme pour mettre un point final à sa tenue, il posa une casquette noire sur son crâne, enfila des gants et posa ses lunettes de soleil sur son nez. Moins il était reconnaissable, mieux c’était.

-Deedee !

Il entendit la chienne arriver à toute vitesse et poser ses petites pattes sur les jambes de son maître qui en profita pour se retourner vers elle. Il se baissa à son niveau et lui accorda quelques caresses avant de lui dire d’une voix qui se voulait à la fois calme et affirmée :

-Je dois partir un petit moment.

Deedee posa une patte sur son genou comme pour l’inciter à rester avec elle et lui adressa un regard des plus touchant, un regard qui disait «je t’aime plus que ces bâtonnets à la viande de cerf qui te coûtent le prix d’une couille». Colt eut un soupir lourd de sens et se força à continuer :

-Non Deedee. tu peux pas venir. C’est le travail, je préfère te savoir en sécurité à la maison. Si tu te ramènes, j’vais me chier dessus à l’idée qu’il t’arrive un truc et j’serai vachement moins vigilant. Ce serait la merde pour toi comme pour moi.

Il l’embrassa sur le haut du crâne, laissant son nez se fourrer dans ses longs poils blancs comme la neige. Deedee chouinait comme à son habitude, extrêmement mécontente quant à l’idée que son maître la laisse seule. Lorsqu’il se détâcha d’elle, Colt la regarda avec un sourire en coin et la grattifia de quelques caresses sur le crâne.

-Dès que je rentre, on ira courir un peu toi et moi. Ça te va ? En attendant, casses pas les couilles à tout l’immeuble en aboyant, ok ?

Colt se redressa et alla remplir les gamelles de Deedee avant d’attraper son téléphone qu’il fourra dans sa poche. Tandis que la chienne ne le lâchait pas d’une semelle, il attrapa son couteau et  le rangea dans une poche intérieure cette fois. Puis, il se dirigea vers la salle de bain et attrapa un petit kit qu’il avait préparé la veille au soir.
Le kit en question contenait un coupe-ongle, des bâtonnets pour prélever la salive ainsi qu’un chewing-gum. Pourquoi se trimballait-il tout ce petit monde ? Parce que sa mission d’aujourd’hui consistait à prélever l’ADN d’un businessman qui suait de la cocaïne par tous les pores. Bref, un camé qui pouvait très bien foutre le bordel dans les slips de Colt s’il venait à perdre le contrôle.
Les drogués, Colt s’en méfiait comme d’une pute aux dents limées en pointe. Il savait d’expérience qu’ils étaient imprévisibles et par extension, dangereux. Voilà pourquoi il s’était préparé avec application pour ne pas échouer cette mission. Si tout se passait comme il l’avait espéré, alors peut-être qu’aucun sang ne serait versé.

Il quitta l’appartement après avoir subit les assauts répétés d’une Deedee mécontente et inquiète. Elle avait cet instinct qui lui permettait de comprendre quand Colt était sur le point de faire quelque chose qui pouvait potentiellement mal tourner. Cette chienne avait un sixième sens.
Colt entendit la sonnerie reconnaissable de Rainy et décrocha le téléphone. Une voix rauque s’éleva du combinet et vint l’assaillir d’une floppée de mots mal articulés :

-Putain Rainy, t’as sucé un éléphant ou quoi ?
-Je chors de chez le dentichte ! Chale con !
-Ouais et donc ? Je vais m’occuper d’Eddie, là.
-Je voulais te dire que niveau caméra de churveillanche, c’est bon je m’en chuis occupé.
-Bien. Juste celles du parking je suppose ?
-Oui, donc évites de chrop te faire remarquer.
-Ouais, c’est ça. Bon va bouffer des glaçons j’ai l’impression de causer à une grand-mère édentée. Jraccroche.

Il lui fallut vingt minutes pour arriver sur le lieu en question. Il se gara à plusieurs rues de là, soucieux de ne pas trop se faire remarquer. Il savait à peu près à quelle heure sa cible allait se pointer, mais d’ici là il préférait ne pas trop attirer l’attention sur lui. Il se posta à un emplacement stratégique pour bien le voir débouler et attendit, le téléphone collé à l’oreille. Comme prévu, il n’eut pas à attendre plus de cinq minutes pour voir le camé en question se pointer pour se faire son rail habituel.
Colt se recula pour se rendre invisible à la vue du businessman et attendit un ou deux minutes pour lui donner un peu d’avance. Quand il se décida enfin à entrer dans le parking pour suivre sa cible, il jeta un coup d’oeil vers les caméras de surveillance. Normalement avec l’intervention de Rainy, elles n’étaient plus une menace.

Il fallut quelques minutes à Colt pour remarquer à quelques mètres un autre homme particulièrement étrange. Colt se décida à ralentir légèrement le pas, fit mine de chercher ses clés de voiture dans sa poche et profita d’un instant d’inattention de ce dernier pour se planquer derrière une voiture. Qui était ce con qui allait dans la même direction que l’autre toxico ? Et pourquoi entrait-il en trombe dans ces putains de chiottes ?!
C’était comme si une alerte rouge venait de se mettre à retentir dans son crâne, beuglant à tout va «danger, la cible va finir en méchoui».
Jetant un coup d’oeil rapide autour de lui pour vérifier que rien ni personne n’allait se pointer, il se mit à courir vers les toilettes et avant d’entrer, il colla sur la porte un panneau «hors service» commandé sur le net. Ce genre de situation, c’était comme une boulette de viande dans un couscous végétarien, comme une météo foireuse un jour de barbecue, comme une invasion de morpions après une période d’abstinence forcée : en d’autres termes, c’était une bonne grosse merde qui risquait bien d’enpuanter les plans de Colt.
Colt n’était pas un crétin et il avait le nez pour reconnaitre les gens dont il devait absolument se méfier. Et justement, ce gars à casquette ne lui inspirait absolument pas confiance, d’autant plus que son entrée en fanfare dans ce repère à microbes ne pouvait se justifier que par deux choses : soit il avait la courante, soit il comptait faire sa fête à cet enfoiré de toxico.

Il ne fallait pas non plus faire le con et foncer dans le tas sans réfléchir. Cet homme l’avait vu et il serait très probablement sur ses gardes. Pourtant, Colt ne pouvait pas rester là à attendre que lui pousse une troisième couille. Il fallait qu’il vérifie par lui-même que sa cible ne risquait pas de finir trouée comme un gruyère.
Quand il entra, ce fut sans le moindre doute. Douter, c’était la meilleure façon de faire des conneries. Pourtant, la scène à laquelle il assista remit toutes les possiblités de scénarios qu’il s’était imaginés en question.
Colt leva son arme tout de suite et la braqua sur la tête du chauve. Un rapide coup d’oeil à sa cible lui indiqua que ce dernier était paniqué et totalement sous le choc de cette situation qui ressemblait fort à un bad trip.
Colt avait à peine eut le temps d’entendre ces mots « Un ordre est un ordre. » . Très bien. Il était donc confronté à un homme de main ou en tous cas à quelqu’un qui agissait pour un autre. Dans tous les cas, le calme et l’excitation qui transparaissait dans chacun des mots de ce type ne pouvait que signifier que c’était un professionnel et pas un vendeur de tacos ambulant.

-Et si on te dit de t’arracher les couilles pour décorer le sapin, tu vas le faire ?

Oui, dire un truc pareil à un type armé n'était peut-être pas l'idée la plus brillante du millénaire mais Colt n’avait pas bon caractère et c’était de renommée publique. Si son répertoire comptait si peu de numéro, ce n’était pas parce qu’il manquait de mémoire. Non. C’était juste parce que c’était un associable fini doublé d’un enfoiré. Pour la plupart des gens, chier des clous était une option bien plus convenable que la simple idée de passer une journée entière avec Colt. Et lui-même le concevait tout à fait.
Or, ce sale caractère et ces punchlines à la con n’étaient pas toujours du goût de tout le monde.

Un ordre est un ordre. Ces mots résonnaient dans la tête de Colt et le plongeait dans un état de perplexité avancé. Il avait toujours détesté qu’on lui donne des ordres et si aujourd’hui il travaillait «à son compte», c’était en grande partie pour cette raison. Être le larbin de quelqu’un, la petite frappe qu’on manipule comme un pantin, très peu pour lui. Il avait bien assez donné avec le Cartel sans avoir ni l’envie ni le besoin de renouveler l’expérience.
Jetant un oeil sur sa cible, il constata que ce dernier faisait l’effet d’une trace de frein au fond d’un slip. Pathétique.
Toujours braqué sur le crâne du chauve, Colt se décida à faire quelques pas sur le côté afin de faire un barrage de son corps à la cible en question. Tandis qu’il bougeait pour exécuter son plan, il lança à sa cible avec dédain :

-Toi, espèce de peigne-cul de mes deux, ramène ton derch par là si tu veux pas que ton p’tit copain te mette une balle entre les deux yeux. Remarque, y a tellement d’merde dans ta tronche que ça te ferait peut-être un nouveau trou du cul, qui sait ?

Soyons clair, Colt n’en avait que faire de ce péquenot de toxico. Manquer de papier toilette lui causerait bien plus de contrariété que la mort de ce type. Oui, mais. Parce qu’il y avait un mais.
Déjà, il devait faire ses petits prélèvements et il ne savait pas ce que le chauve comptait faire du corps une fois qu’il l’aurait réduit à l’état de macchabée.
Ensuite, l’expérience lui avait démontré que lorsque une mission se soldait par un cadavre invoulu, c’était un véritable nid à emmerdes car on le prenait toujours pour le coupable, qu’il le soit ou non. Dans ce genre de situation, il en fallait peut pour qu’il se voit coller l’étiquette d’«assassin» et qu’il se retrouve avec les poulets aux fesses. Alors si ce cher monsieur pouvait attendre un ou deux jours pour éclater la tronche de ce bouseux - juste le temps que Colt fasse son rapport à son client - ce ne serait pas plus mal.
Du coin de l’oeil, il vit la cible en question tenter une approche vers lui, mais il était déjà tellement à l’ouest qu’il allait aussi vite qu’une mamie en déambulateur.
Colt reporta son attention vers l’assaillant du défoncé et, dans un calme plus qu’Olympien, il lui lança :

-Je crois qu’il y a comme qui dirait une couille dans le pâté. On en parle ?

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Jeu 14 Sep 2017 - 21:25
Asmodée H. Davis
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J
’sais qu’en devenant un meurtrier, un homme aux innombrables crimes j’expose ma famille au danger. J’expose Sam au danger. Pourtant, même s’il baigne dans un domaine bien loin d’être chaste et parfaitement chrétien, je sais que l’niveau de dangerosité est plus élevée de mon côté. Si j’le peux, j’évite de parler de mes activités à mon frère et même de revenir le visage et les mains pleins de sang. J’évite de l’inclure là dedans même s’il fait parti d’une grande partie de ma vie. De toute ma vie d’ailleurs. Il est ma pire faiblesse, et même la seule. Si on s’en prend à lui et qu’il viendrait à disparaitre, ma vie n’aurait plus aucun sens, plus aucun. Il m’arrive parfois de l’attendre, tard le soir, avec impatience. De m’glisser dans ses bras et d’lui dérober un baiser. Je me sens toujours plus apaisé lorsqu’il se trouve auprès de moi, sachant que l’monde de dehors est bien loin d’être tranquille et grouille de démons les plus abominables les uns que les autres. Quand il rentre, je sais qu’il ne lui ait rien arrivé et qu’il ne risque plus rien. Quand il est là, je sais que personne ne me l’enlèvera, à tout jamais. J’lui ai promis de toujours veiller sur lui, même si ce n’est pas mon rôle en tant que baby brother, mais je n’en ai que faire. Pourquoi le plus petit ne pourrait pas protéger l’plus grand ? Je l’ai toujours fait, jusqu’à présent et dieu seul le sait combien de personnes ai-je du réduire au silence afin de lui éviter le pire sort qui lui était réservé ? J’sais qu’il fait sûrement parti d’une liste des personnes à éliminer et j’redoute chaque jour ce coup d’téléphone, m’attendant à chaque fois qu’on m’demande d’ôter la vie d’mon démon. Je sais, que je serais incapable de le descendre. Et je sais que si je ne le fais pas, la mort nous pendra au nez, à nous deux. A ce moment, on fuira comme on l’a toujours fait. Pour notre vie, pour nous deux. On changera à nouveau de vie, d’identité, de ville. On sait vite s’adapter et entrer dans le moule, et improviser. On est des criminels, ou on ne l’est pas.

Mais j’le ferais jamais souffrir vis-à-vis de mes activités et j’tente tant bien que mal de le préserver de tout ça, même si un jour ou l’autre ça va finir par m’rattraper et qu’on va tomber sur lui, m’presser le cœur jusqu’à la mort, m’déchirer en deux et m’ôter toute l’envie de vivre. S’il part, il ne restera plus rien. Un homme qui erre dans la pénombre et qui laisse les ténèbres le guider, n’ayant plus aucune once d’humanité encore vivante en lui. Il le sait pas, personne ne l’sait et d’un sens, tant mieux pour moi, pour lui, pour nous.

Mais aujourd’hui, personne ne risque quoique ce soit si ce n’est cet homme qui vit les derniers instants de sa vie. J’pense que ça doit lui faire drôle de savoir qu’en s’levant le matin, il pensait pas que la mort allait l’embrasser mortellement aussi tôt. Il est là, face à moi, à trembler comme un vulgaire chien. Je n’éprouve aucune pitié, ni compassion. Il me fait simplement de la peine d’être aussi simple d’esprit. J’m’apprêtais à appuyer sur la détente, mais j’entends ce bruit menaçant, un bruit que je ne connais que trop bien. C’gun qui te menace de recracher sa balle par son canon sous l’contrôle de son propriétaire qui, la plupart du temps, ne l’utilise simplement que pour terroriser. Je lève lentement les bras, gardant mon arme en main, tout en fixant ma future victime. Un léger sourire presque malsain vient s’coller sur mon visage. Ses paroles m’arrachent un rire sombre. Au moins, il a beaucoup d’humour. Un humour déplacé qu’il se risque de glisser dans une telle situation. Chapeau l’artiste. Il fait quelques pas sur le côté, gardant son arme braqué sur moi et je peux enfin tourner la tête et apercevoir le visage de l’homme en question. Woaw, j’ignorais que l’on envoyait les hippies se charger de ce genre d’affaires. Le monde va de mieux en mieux. Il s’place devant la cible et j’abaisse mes bras, le long de mon corps, gardant mon arme en main. Il n’représente pas une menace et, s’il voulait m’descendre, il l’aurait déjà fait. Il doit encore avoir moins de couilles que Donald Trump. Pauvre p’tit mec, il s’est aventuré bien trop loin dans son épopée. J’ignore ce qu’il fout là, et ce qu’il veut mais j’espère qu’il s’rend compte à quel point il m’tape sur le système et qu’au lieu d’une victime, tant pis, il y en aura deux.

Il parle, il parle. J’perds patience, presque et je le détaille, de haut en bas, de long et en large. J’ignore s’il veut s’la jouer Batman ou plutôt Double Face, mais qu’importe l’rôle qu’il joue, il ne fera pas long feu. Il n’est rien qu’un petit rigolo, un mec qui sait simplement tenir une arme et qui ne sait pas porter ses bijoux de familles jusqu’au bout. L’hippie reporte son attention sur ma personne –malheureusement- et cherche à s’faire des potes. Il m’insupporte et m’fait clairement perdre mon temps. J’peux être patient, comme j’peux ne pas l’être. « J’sais pas c’que tu fous ici, Superman. Ta mère t’as jamais appris à pas t’mêler de ce qui t’regarde pas ? » Apparemment non, puis évitons les blagues vaseuses sur les mères, que la mienne repose en paix, d’ailleurs. Je reste calme, presque impassible avant de lâcher un profond soupire. J’vais devoir m’y coller, encore une fois. Moi qui pensais passer une après-midi sans embûches. Je lui saisis vivement le bras armé, tout en l’tordant et l’ramenant derrière lui, le remontant assez haut pour avoir une totale maitriste, me saisissant de l’arme, l’plaquant contre le mur, glissant le canon de mon arme contre le bas de son dos, lui tenant le bras d’une poigne de fer. « Contrairement à toi, j’hésiterais pas à t’descendre. Pourquoi t’es là ? » Je m’rapproche de lui, me plaquant presque contre sa personne afin d’éviter le moindre mouvement qui se pourrait lui être fatal. « Si tu veux jouer le héros, tu mourras en héros. »

J’entends du mouvement et du coin de l’œil, j’aperçois que la victime tente de se faire à nouveau la malle. Je tends mon bras armé en sa direction ne réfléchissant pas, agissant comme une machine détectant le moindre mouvement et tuant sur le champ. Je tourne la tête en direction du toxicoman et lui tire une balle dans les deux cuisses. Au moins, il ne tentera plus de fuir désormais et le temps qu’il se traine jusqu’à la porte, il sera déjà mort. Il pousse un cri, presque de désespoir et d’épuisement, de peur et de douleur. J’pousse l’arme du vengeur masqué à l’aide de mon pieds, un peu plus loin et le relâche me reculant assez pour avoir le pouvoir de vie et de mort sur les deux hommes.



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Lun 25 Sep 2017 - 19:53
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'cause your soul is on fire

I'm not gonna give up, I'm not gon' stop, I'm gonna work harder.


Colt s’était souvent demandé s’il était capable de répondre aux attentes de Don, cet homme aux épaules assez solides pour cumuler son travail de coursier avec une vie amoureuse pour le moins passionnelle. Cet homme qui conservait la tête froide dans n’importe quelle situation et avait assez de couilles pour supporter un mioche qui passait son temps à vagabonder il ne savait où pour flirter avec l’illégalité. Cet homme qui avait contre toutes attentes réussi à inculquer à ce même gamin certaines valeurs essentielles que personne n’aurait cru pouvoir lui fourrer dans le crâne. Cet homme qui, envers et contre tous ne perdait jamais espoir et continuait d’avancer là où se trouvait selon lui le chemin le plus adéquat.
S’il n’avait jamais été un modèle de perfection, Don n’avait pour autant jamais prétendu l’être. Il était toujours resté au clair avec ses convictions mais aussi extrêmement objectif en ce qui le concernait. C’était une qualité essentielle qui lui permettait de se remettre sans cesse en question et d’éloigner toute forme de mauvaise foi, ce qui lui permettait de corriger au plus vite les erreurs qui pourraient lui coûter la vie.
Cette objectivité l’avait emmené à penser toute sa vie qu’il avait un besoin perpétuel de devenir encore plus fort, plus adroit, plus malin. Don avait donc toujours eu cette envie pressante de développer l’ensemble de ces qualités qui, à terme, lui permettrait de semer la mort encore quelques temps.
Mais la mort, dans sa grande clairvoyance, avait fini par trouver le chemin.
Peu importait à quel point on était préparé, à quel point on se sentait fort. Peu importait qu’on se sente capable de soulever des montagnes. Insidieusement planqué dans l’ombre, il y avait toujours ce facteur «surprise» qui intervenait comme un lancé de dès, une roulette du destin. À cet instant, être préparé, se sentir fort, être capable de soulever des montagnes ou de tirer sans culpabilité dans la tête de quelqu’un,... tout ça ne comptait plus. À ce moment-là, nous n’étions plus que les pions du destin, soumis et impuissants face au bon vouloir d’une entité sur laquelle nous n’avions aucun contrôle.
Si Don qui, sans conteste, excellait dans son travail avait été incapable d’aiguiller sa propre destinée dans le bon sens, alors comment Colt pourrait-il décemment espérer une vie dénuée d’embûches ?

Il aurait été aberrant d’insinuer que Colt ne valait pas plus qu’un homme de seconde main tant il avait sué sang et eau pour être à la hauteur de la réputation du coursier. Le 18 Mars 2003 avait marqué le début d’une vie nouvelle, une existence dont l’ossature reposait principalement sur des heures et des heures d’entraînement pour répondre à des attentes bien précises. Ces entraînements, savament orchestrés par Don, avaient eu pour but non seulement de préparer Colt physiquement, mais également de renforcer son esprit. Combativité, détermination, pugnacité, perspicacité, force et ruse n’étaient que quelques-unes des qualités recherchées pour satisfaire les innombrables exigences de Don.
Chercher à atteindre un tel niveau d’exigence équivalait à se délester de presque tout ce qui restait d’humain en nous pour ne se consacrer plus que sur ses objectifs. La compassion, la patience, l’empathie, la délicatesse étaient autant de valeurs que Colt ne partageait pas ou peu.  Et s’il n’avait jamais déçu Don, Colt restait intimement persuadé que personne dans ce monde n’aurait pu satisfaire complètement quelqu’un d’aussi exigeant que Don.

Alors oui, Colt n’avait pas à rougir de ce qu’il faisait, parce qu’il le faisait vraiment bien. Mais quand bien même, il restait un humain parmi les humains, avec son lot de faiblesses et de forces qui faisaient de lui un être à part entière, singulier. Le fait d’avoir conscience de ce fait lui permettait aussi de comprendre que personne n’était imbattable, lui y compris.
Colt avait croisé des quantités de personnes différentes qui, selon les situations, réagissaient toujours de manière très singulière. Mais en général, quand on finissait avec un canon pointé sur la tempe, les gens se calmaient, réfléchissaient. Certains, lâches et craintifs se laissaient submerger par la peur tandis que d’autres tremblaient, suppliaient pour leurs vies... Mais en fin de compte ce n’était qu’une infime partie des gens que Colt avait eu l’occasion de cotôyer. Dans son milieu, il avait l’habitude de tomber sur des forces de la nature capables de se maîtriser. Mais c’était des gens qui avaient souvent été menacés, des hommes et parfois des femmes qui vivaient dans un milieu à ce point violent qu’ils en devenaient habitués. Avec eux, il fallait s’imposer, que ce soit mentalement ou physiquement, c’était une nécessité. La cruauté était alors à envisager sous toutes ses formes et Colt avait toujours fait ce qu’il fallait, avait exécuté ce qu’il y avait eu à exécuter. Et tout ça, il l’avait fait sans jamais rechigné, sans jamais défaillir. Faiblir, c’était perdre sa crédibilité face aux autres.
Il ne se soumettrait pas. Le message était clair.
Le bras tendu, Colt concentrait toute son attention vers cet homme qui suintait la malveillance et le sadisme. Impénétrable et froid, chaque mot qui sortait de sa bouche n’altérait en rien sa concentration et sa capacité à observer et prendre en compte chaque élément que constituait son environnement. S’il était si simple de le déstabiliser, alors il n’était pas digne de toutes les heures que Don avait passées à l’entrainer.

« J’sais pas c’que tu fous ici, Superman. Ta mère t’as jamais appris à pas t’mêler de ce qui t’regarde pas ? »Colt eut un rictus dépréciateur en entendant le surnom «Superman». Ce type venait de chier sur sa tartine en l’insultant et voilà qu’il recommençait en parlant de cette mère qu’il connaissait aussi bien que la raison pour laquelle il était nécessaire de contrôler la dominance apicale des arbres fructifères.
Entendre parler d’elle donnait à Colt la sensation qu’on lui crachait dans la bouche alors qu’il bâillait aux corneilles.

-C’est marrant les divergences d’opinions, parce que j’ai plutôt la sensation que t’es en train de pisser contre mon arbre, là.

Il fixait sans ciller celui qui se trouvait dans son viseur et le vit soupirer lourdement. C’est là que Colt sentit deux mains empoigner sa cheville. Légèrement déséquilibré par cette prise, Colt dégagea sa jambe d’un coup sec tandis que, sanglotant, Eddie se départissait de toute dignité :

-Sauvez-moi, par pitié, je ferai ce que vous voudrez... Je vous en prie !

Étaient-ils allongés sur le sable à se faire bronzer le cul pour se permettre pareille familiarité ? Ce balai à chiotte était-il à ce point abruti pour venir l’agripper comme une moule à son rocher alors même que Colt avait un flingue et tenait en joue celui qui voulait se faire des moufles de ses couilles ?
Cette saleté de peigne-cul n’était non seulement pas bien vaillant, mais il semblait également très atteint par la bêtise. Ne comprenait-il pas que ce n’était pas le moment de jouer le suce-boules ?
Ce court instant de déconcentration, le chauve le mit intelligement à profit en désarmant Colt avec une aisance qui n’étonna qu’à moitié ce dernier. Vu la situation et l’intervention de l’autre crétin pleurnichard, il était bien plus facile de le destituer de son arme. Cependant, ce n’était pas une raison. Se faire avoir aussi bêtement, Colt le prenait aussi bien que si quelqu’un était venu déféquer dans sa soupe.
Une chose était certaine, ce trou du cul ne s’en sortirait pas comme ça.

Après tout, Colt avait été plutôt délicat sur ce coup-là. Menaçant peut-être, mais l’autre dégarni ne l’aurait-il pas été lui aussi ? Tous ceux qui travaillaient dans ce genre de branche savaient dégainer et n’hésitaient pas à le faire dès qu’ils estimaient que c’était utile. Or, dans cette situation, Colt avait penché pour la prudence en le tenant en joue, mais il était bien évident qu’il n’avait pas eu l’intention de tirer avant de comprendre l’objet de sa présence. Après tout, sa mission ne disait pas de «buter le puceau du caillou» mais bel et bien de prélever l’ADN d’Eddie. Alors pourquoi se serait-il encombré en ayant du sang sur les mains ? Si cela avait été nécessaire, il n’aurait pas hésité une seconde, bien entendu. Mais Colt estimait qu’avant de tirer, il fallait réfléchir et que chaque cadavre était un souci de plus dont il fallait se préoccuper. Voilà pourquoi avant de se trimballer des boulets aux pieds, Colt pesait toujours le pour et le contre.
Apparement, ce n’était pas le cas de celui qui s’amusait à lui tordre le bras comme s’il était un vulgaire bout de caoutchouc.
Oui, Colt était blessé dans sa fierté. Se faire avoir comme ça, c’était vraiment humiliant. Mais ce que Colt savait également, c’est que peu importait la situation dans laquelle il se retrouvait, il y avait toujours un moyen de se retourner. Vociférant dans sa barbe, Colt sentit son arme lui échapper et une grimace assassine se dessina sur son visage. Il sentait une puissante vague de colère mêlée d’égo se déverser en lui comme un tsunami. « Contrairement à toi, j’hésiterais pas à t’descendre. Pourquoi t’es là ? » Colt eut un sourire narquois. Ce type était-il bête au point de penser qu’il hésiterait une seule seconde à lui tirer dessus ? Ne pas agir comme un idiot fini en tirant à tout va et sans mettre deux idées bout à bout, était-ce si difficile à comprendre ?

-Putain mais sérieux, tu veux pas me la mettre dans le cul tant que t’y es ?!

Effectivement, Colt n’était déjà pas très friand des contacts physiques, mais ceux consistant à le mettre hors d’état de nuire lui déplaisaient encore plus. Le chauve était collé à lui et cela mettait Colt dans une humeur massacrante. « Si tu veux jouer le héros, tu mourras en héros. » Encore une fois, Colt eut un sourire goguenard. Pour qui se prenait ce gars ? Colt était prêt à mourir. Certes, il n’en avait pas particulièrement envie mais il savait que c’était un risque. Le cadavre de Don recouvert d’un drap blanc s’était chargé de lui en faire prendre pleinement conscience.

-Soigne ta cataracte, mamie. J’vois aucun héros ici, seulement deux trous du cul et une poule-mouillée.

Pour ça aussi, Colt n’était pas aveugle. Il était un trou du cul. Ni gentil, ni patient, ni doux, juste froid et violent. Alors quand il s’auto-insultait, il le faisait consciemment et y croyait dur comme fer. C’était ce qu’il appelait l’objectivité et il en était particulièrement fier. Peut-être que ces mots allaient heurter la sensibilité de son assaillant, mais qui dans ce monde décernerait le prix de la gentillesse à un gars qui s’apprêtait à tirer dans la tronche de quelqu’un ?
Appuyé contre le mur, Colt serrait les dents mais son cerveau tournait à plein régime. Il allait imaginer un moyen de retrouver sa liberté de mouvement et il réglerait cette situation de façon à ce que ce soir, Deedee le voit rentrer à la maison. C’est à cet instant-là qu’il sentit son assaillant lâcher un peu de lest. Colt en profita pour glisser son couteau dans sa manche de façon à ce qu’il soit invisible et tandis qu’il commençait à penser à récupérer son arme au sol, il entendit le chauve tirer deux balles sur Eddie. Colt se retourna d’un seul coup et vit le drogué en position foetale, hurlant de douleur. En l’espace de quelques secondes seulement, une bonne flaque de sang s’était formée sur le sol poisseux.
Super. Voilà qu’Eddie avait essayé de se faire la malle et maintenant, ils se retrouvaient tous les trois dans la merde.
Ce chauve devait être soit beaucoup trop spontanée, soit inconscient, soit fou. Mais selon Colt, l’hypothèse la plus probable était que sa mère avait dû le bercer trop près du mur.
Colt lui jeta un regard dépité, les sourcils fronçés par l’incompréhension que suscitait ce geste sans aucune logique. Pourquoi ne lui avait-il pas foutu une bonne vieille droite pour le mettre KO au lieu de ramener tous les poulets du coin en tirant dans un parking qui résonnait autant qu’une putain de cathédrale ?
Colt avait encore la sensation d’entendre la réverbération des deux coups. Ce n’était pas bon. Voir pas bon du tout. Il ne pouvait pas se faire prendre par les flics, surtout pas maintenant après plus de quinze ans à tout faire pour être le plus transparent possible. Certes, dans la situation présente, il avait plus ou moins le « beau » rôle : il n’avait pas cherché à attaquer Eddie et avait même tenté de le protéger en essayant d’arrêter son assaillant. Le problème, c’était qu’Eddie ne semblait pas en très bonne posture et qu’aux vues de la couleur cuivrée dont s’imprégnait les dalles, Colt pensait très sincèrement que s’il se faisait serrer par les poulets, il pouvait se gratter pour avoir un témoignage en sa faveur.

Dans tous les cas, Colt ne comptait ni sur Eddie, ni sur personne. Il n’y avait qu’une seule issue possible à cette situation, et elle le montrait lui, le cul dans sa voiture, en un seul morceau, allant acheter des Biscrok à la supérette pour sa chienne.
Eddie avait le teint livide et il bougeait à peine. Les minuscules excroissances qui se dressaient sur sa peau justifiaient ses tremblements réguliers. La flaque s’était même étendue jusqu’à sa joue et la colorait, marquant ainsi un contraste bien net entre sa peau cadavérique et le rouge ponceau de son sang.
Être impliqué dans ce meurtre ennuyait profondément Colt qui eut un rictus nerveux. Ce n’était pas qu’il s’inquiétait pour Eddie, non. Pour être honnête, il se fichait totalement du destin de ce toxico, mais Colt savait pourquoi il avait été envoyé ici et c’était ce fait qui lui posait réellement problème.
Recueillir de l’ADN. En général, ce genre de demande consistait à établir un lien de famille entre deux individus ou plus et donc potentiellement à réétablir des liens ou des relations entre ces mêmes individus. Et si jamais le ou la cliente de Colt apprenait qu’Eddie était mort la semaine où il était censé s’occuper de lui, alors Colt risquait clairement de se voir attribuer ce meurtre.
Colt se tourna vers son assaillant et, soupirant, il lâcha un gémissement courroucé qui attestait bien de son état d’esprit. Colt leva les mains devant lui en signe de paix et se mordit la lèvre. Il n’avait absolument pas de temps à perdre, les flics allaient forcément se ramener incessament sous peu. Il fallait qu’il trouve un moyen de partir. Se casser loin des emmerdes avant de se retrouver dans une salle d’interrogatoire avec un meurtre sur les bras en face d’un flic qui aurait plus de beignet sur la moustache que dans le bide.

C’est là qu’il l’entendit. Le bruit singulier des sirènes de police qui résonnait au loin et qui signifiait que d’une façon ou d’une autre, ils étaient tous les deux dans la merde.
Les dents serrées, Colt désigna son oreille puis la porte fermée. Certes, ce bruit venait de loin, mais à partir du moment où ils pouvaient l’entendre, on pouvait dire qu’ils avaient déjà un bon gros problème. Colt tourna la tête vers la porte puis vers le chauve qu’il fixa sans ciller.

-De deux choses l’une, soit on se fout sur la gueule, soit on arrête de jouer à qui a la plus grosse paire de couilles et on se tire d’ici avant de se faire cueillir comme deux putain de fleurs dans un champ.

Clairement, Colt n’aimait pas les duels d’égo, ceux où l’on se bat jusqu’à la mort pour des raisons de fierté. Plutôt que de jouer au coq, Colt trouvait qu’il était plus logique de sauvegarder son propre cul.

-On peut rester là et faire les cakes en se faisant la peau lentement mais sûrement. Dans ce cas y a deux issues possibles : soit on finit en taule où notre principale préoccupation sera de planquer des lames dans nos fions, soit dans un frigo mortuaire, Colt marqua une pause et le regarda droit dans les yeux, calme et inébranlable, ou alors on trouve un moyen de sortir d’ici sans se mettre des bâtons dans les roues avant de se faire choper comme deux poulets dans un KFC.

Colt continua de soutenir son regard fixement, plus déterminé que jamais. Pour être bien clair, il se contre fichait de ce mec et ne lui vouerait une haine intense que s’il se faisait attraper à cause de lui. Là, ce serait une autre histoire et Colt s’assurerait qu’il finisse entre quatre planches, que ce soit aujourd’hui ou dans trente ans.
Mais à l’instant T, Colt n’avait ni l’envie ni le temps de jouer au gros dur. Il s’avança vers lui, les mains légèrement levée au niveau des hanches en signe de paix et, lentement, se positionna face à lui, le canon sur le front.

-Qu’est ce que tu en dis ? Mon associé peut voir tout ce qui se passe grâce aux caméras de surveillance, et vu le nombre de sirènes qu’on entend, je pense que c’est encore notre meilleure chance de trouver un chemin qui soit pas trop miné.

Oui, Colt pouvait finir entre quatre planches à tout instant et il en avait parfaitement conscience, mais il n’était pas du genre à trembler devant une arme. Il avait essayé de réfléchir un peu pour trouver la meilleure solution possible, celle qui lui laisserait le plus de chance de survie. Or, en observant un peu celui qui était devant lui, il avait estimé que son plan initial de lui mettre un coup de pied écrasant pour le déstabiliser et lui piquer son gun risquait de finir en eau de boudin pour eux deux. Peut-être se trompait-il, dans tous les cas il était hors de question qu’il plante la tente ici.
Colt se déporta vers la droite et lança d’une voix calme et posée :

-Je vais faire ce que j’étais venu faire à la base et ensuite je récupérerai mon arme. Si tu joues pas au con, y a pas de raison pour que je le fasse.

Colt, les mains toujours levées, se dirigea vers Eddie et s’accroupit à ses côtés en veillant bien à ne pas mettre un pied dans le sang qui continuait de se propager sur le sol. Colt attrapa son matériel dans sa poche intérieure et coupa un ongle à Eddie qu’il rangea proprement dans une pochette plastique. Par sécurité, il lui arracha également quelques cheveux et se redressa après avoir rangé le tout.
Il jeta un coup d’oeil en coin à son adversaire et fit quelques pas vers son colt qu’il attrapa du bout des doigts et sans faire de vague.
Il garda les bras levés une seconde et jeta un coup d’oeil au chauve. Il fallait se barrer d’ici et vite.

-Alors ? On plante la tente ou on s’tire ?

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Sam 30 Sep 2017 - 11:30
Asmodée H. Davis
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Mon Job : Ingénieur en génie civil officiellement, tueur à gages officieusement.
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A shot in the dark.
 


 




S
am’  m’a tout appris. C’est celui avec qui je cherchais la bagarre quand j’étais plus petit, celui qui m’a le plus roué de coup et qui m’a appris à ne pas flancher, quoiqu’il arrive. On se bat souvent, même encore aujourd’hui. Il m’a toujours appris à me défendre contre ces démons qui rodent autour de vous dès que l’on franchit le seuil de notre porte. Ceux qui veulent vous briser et vous déchirer pour qu’à la fin, il ne reste plus rien de vous. Ce qu’ils ignorent, c’est qu’ils seraient très déçus avec moi. Il n’y a plus rien à prendre, ni même à détruire. J’suis qu’une pauvre âme qui erre dans la rue à la recherche d’autre âme à donner à la mort. J’suis qu’un homme qui laisse ses pulsions agir et les ténèbres me guider. J’ai abandonné depuis pas mal d’années, j’ai cessé de m’battre avec mes démons intérieurs. On est du même côté désormais. J’suis un être humain qui n’a presque plus la moindre humanité, cette humanité là qui tente de survivre désespérément et qui garde la tête hors de l’eau, cessant chaque jour d’appeler de l’aide pour ne pas sombrer et périr avec le reste. J’sais qu’elle s’accroche, de toutes ces forces et qu’elle me supplie d’arrêter de la repousser sans cesse. Elle m’supplie de l’aimer et de la laisser vivre, de cesser de la torturer. Mais je l’ignore, comme chaque jour. C’est tout d’même grâce à Sam qu’elle vit encore, et j’suis persuadé qu’elle souhaite silencieusement que j’reste à ses côtés, assez longtemps pour qu’elle puisse reprendre des forces afin de continuer à s’agripper à mon âme damnée.

La mort d’une personne chère, l’abandon, la prison, beaucoup de facteurs peuvent changer totalement un homme qui était à l’opposé de ce qu’il était avant. J’étais pas c’bambin qui crachait à la gueule du premier venu ou qui baisait n’importe qui. J’étais pas c’gosse qui errait dans la rue, baignant dans la délinquance. J’étais brillant, et j’excellais dans toutes les matières. J’aimais la vie, j’aimais les autres et mon âme était aussi pure qu’une jeune vierge. Jamais j’pensais faire de mal à qui que ce soit, cette pensée m’effrayait et j’courais me réfugier dans les bras d’ma mère ou ceux d’mon frère. Mais j’sentais petit à petit que j’perdais pieds, que j’sombrais malgré moi parce que dans mon cœur, il y régnait quand même une certaine haine et colère. A partir du  moment où l’on m’avait brisé, j’savais que l’mal était pas loin et tant qu’elle était là, elle me maintenait en vie. Aujourd’hui, la seule personne capable de l’faire et de m’empêcher de devenir l’ombre de moi-même s’trouve encore en vie, près d’moi chaque jour et m’a volé mon cœur, laissant un trou béant là où il devrait se trouver. Tant qu’il l’a en sa possession, j’sais qu’il n’en est pas fini de moi et que j’survivrais tant qu’il sera là.

C’qui fait que j’apprécie pas grand monde et que tuer ne me fait ni chaud, ni froid. Y’a juste le sang qui m’rend dingue et qui m’fait perdre pieds. La vue m’transforme et chatouille ma folie.  J’ai aucune compassion, ni même aucune pitié. J’suis ce bloc de glace qui n’laisse transparaitre aucun sentiment et qui parait aussi froid qu’la mort. J’suis ce gars qui vous ôte la vie, s’il le veut, d’un geste et sans prévenir. J’suis ce mec qui s’glisse dans l’ombre et vous observe avec le silence le plus absolu, celui qui trouve votre faille, celle qui fait mal. J’suis celui qu’on ne trahit pas. Si on ose le faire, c’est qu’on ne sait pas à quel gros morceau on s’prend. J’suis du genre rancunier, et à vous balancer ma vengeance à la gueule lorsque l’on n’y pense même plus.

Le p’tit mec en face de moi ne prend pas des pincettes. J’me doute qu’il n’ait pas réellement peur, sinon il ne sortirait pas de telles atrocités, mais il a bien d’la chance que j’apprécie son humour décalée et fantasque. En même temps, avoir la même cible efface toute trace de peur et laisse s’installer l’incompréhension, la colère et cette fierté dont on n’a réellement pas envie d’se faire cogner dedans. Mais j’tourne les choses à mon avantage, for now, et je n’ai pas réellement l’intention d’me laisser faire et d’lui dire amen. S’il pensait que j’allais lui laisser l’plaisir de le dégommer, il s’trompe. On ne joue pas avec moi, et on m’prend encore moins pour un con. « J’vais finir par te la mettre où j’pense, si tu fermes pas ta gueule. » Dis-je sans aucune pointe d’amusement, sentant que j’commence à bouillir et que j’vais finir par lâcher l’démon sur sa petite personne. Au bout d’un temps, je ne lutte plus. J’sais que l’démon agira d’manière réfléchie. Il m’a jamais laissé dans la merde, ce démon qui m’bouffe l’âme. L’mien. Celui qui m’a été attitré à ma naissance, portant son nom.

L’mec tente de prendre la fuite, alors qu’on s’dispute comme un vieux couple. J’réagis trop vivement et j’veux lui couper l’envie de fuir. J’lui tire dans les jambes, et il tombe lourdement sur le sol ne cachant pas sa souffrance extrême mêlé à la peur d’crever. C’était une mauvaise idée, j’en suis conscient. Mais au moins, j’suis sûr que c’type à l’allure d’hippie nerveux m’foutra la paix. J’sais qu’on va avoir les flics au cul, que c’mec, s’il n’est pas mort, nous balancera. C’est là que ça d’viendrait limite intéressant. L’adrénaline monte et m’chatouille les reins. Le bruit des sirènes ne tarda pas à retentir. Elles ne sont pas loin, mais ça nous laisse le temps d’nous tirer et courir après notre liberté tandis qu’la taule cherchera à nous traquer. J’reporte mon attention sur l’bandit et un sourire malveillant s’dessine sur mon visage. « La taule, c’est pas si dramatique que ça, p’tit gars. Mais t’as raison, j’ai pas envie d’me manger la perpétuité dans les dents. » J’ai des projets de vie et d’avenir, j’ai pas envie que ça m’file sous le nez. Puis j’ai promis, à ma moitié d’âme d’lui revenir chaque jour.

Il commence à bouger, restant méfiant et s’donnant presque à moi, les bras levé. Mon arme braqué en sa direction, j’sens qu’inconsciemment je referme un peu plus mes doigts autour de l’arme, les dents serrés. Je l’observe faire ensuite, restant silencieux. J’ignore réellement c’qu’il fout et pourquoi il a besoin de ça. Mais de toute évidence, il m’avait empêché de lui coller une balle entre les deux yeux. J’hésite à l’descendre, j’sais très bien m’en sortir tout seul, comme je l’ai toujours fait jusqu’à présent. Mais d’un sens, il est vrai que pour le moment, j’ai encore besoin d’sa gueule d’ange. « On s’tire. Mais explique-moi comment on va s’en sortir ? C’merdeux va nous balancer s’ils arrivent trop vite. Et même s’il claque, ils finiront par remonter jusqu’à nous. » C’est aussi pour ça qu’en général, j’préfère m’débarrasser des corps en les immolant dans un des coins perdus. Ou les donnant en pâté pour cochons, récupérant seulement les yeux et les dents.

J’sens mon rythme cardiaque s’accélérer, battre à la même cadence qu’les sirènes. J’abaisse mon arme et la glisse derrière mon dos, sortant des toilettes, prenant soin d’laisser aucune trace. S’il ne crève pas, il n’aura pas l’temps de dire ouf avant que j’le retrouve pour finir la mission que l’on m’a donnée. « Alors, jackass, t’as un plan ? » J’regarde autour de moi, analysant tout c’qui m’entoure puis j’trouve une autre sortie. Mais c’est probable qu’ils se pointeront ici aussi. La sortie d’secours, pourquoi pas. Mais ça active certainement un certain système et ils sauront qu’on l’a emprunté. « J’suis pour là tout de suite que t’appelles ton petit copain et qu’il nous dise par où on peut sortir, et s’il a moyen de désactiver le système d’alarme de la sortie de secours, c’est encore mieux. Ils ne viendront pas nous chercher jusqu’ici, et on aura le temps de s’tailler. A moins que t’aies une meilleure idée ? » Et vite. Wooh. Jamais j’aurais pensé que j’allais commencer à réellement m’amuser un jour, et sentir mon adrénaline vibrer contre mon âme m’procure un sentiment encore meilleur qu’la cocaïne.



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