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La cabine de douche (LIBRE)

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Mer 31 Jan 2018 - 4:19
Angelo Delgado
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La cabine de douche

I’ve been moping around I can’t get outta my bed
I’m so damn tired I can’t get outta my head
The only time I smile is when I brush my teeth



« Merde, merde, MERDE !»

C’était le mot juste. Merde.
Assis sur les toilettes, Colt grinçait des dents tant la situation était ridicule. Humiliante, même. Nathan serait mort de rire en le voyant ainsi. Colt fit tourner le rouleau de papier toilette vide autour de son doigt et se mordit la lèvre. C’est ce qu’on appelait vulgairement «avoir la crotte au cul».

« Deedee.»

Colt commençait seulement à regretter le steak frites qu’il s’était octroyé la veille au soir. Une salade et un blanc de poulet lui aurait sans doute laissé quelques heures de répis.

« Putain, Deedee !»

La chienne se faisait désirer, comme pour faire durer la torture de son maître. Il fallait dire qu’elle faisait un peu la tête en ce moment car il découchait un peu trop à son goût. Au bout de quelques minutes, il entendit la chienne pousser la porte du bout du museau et le regarder fixement. Elle était moins gigotante qu’une statue. Colt eut une moue réprobatrice et lui fit le geste de se rapprocher. Deedee se contenta de le regarder, une pointe de défi au fond des yeux. Soupirant, Colt tenta de prendre le ton le plus calme possible pour ne pas brusquer encore plus la petite chienne.

« S’il te plait, est-ce que tu pourrais m’apporter du PQ ?»

Il lui jeta un regard suppliant qui ne sembla pas émouvoir la chienne le moins du monde. Sans doute avait-il trop tiré sur la corde en la laissant seule cinq soirs desuite. Comme pour le narguer, la chienne s’allongea sur le sol, la tête entre les pattes. La garce admirait le spectacle, sans doute fort contente de son méfait.
Pincé, Colt se mordit la lèvre en réfléchissant à plein régime. Cette chienne le faisait tourner en bourrique et en éprouvait sans le moindre doute un certain plaisir.

Quand il sortit des toilettes une minute plus tard, Colt tenait du bout des doigts son tee-shirt. Il se dirigea torse nu vers la poubelle dans laquelle il jeta le vêtement sacrifié et soupira lourdement avant de se retourner pour jeter un coup d’oeil sévère à Deedee. Cette chienne était parfois plus dingue que l’étaient les nanas.
Le pire, c’est qu’il ne pouvait pas se venger car le nettoyage serait forcément pour sa gueule. Parfois, quand il pensait aux actes de Deedee il avait la sensation qu’elle était humaine.

« Je préfère te prévenir Deedee que tes conneries vont se payer. Prépare-toi bien, surtout.»

Colt avait beau dire, il avait pour cette chienne une affection non feinte. Il se souvenait comme d’hier du premier jour où elle s’était lovée contre son torse pour trouver réconfort et chaleur. Déjà, en la voyant seule survivante parmi ses frères et soeurs, Colt avait éprouvé pour elle une forme d’affection. Il aimait sa force, son esprit combatif. Une chose était certaine, cette chienne avait un caractère bien trempé.
Après une énième douche et un changement de vêtements, Colt partit faire quelques courses, laissant derrière lui une Deedee tout aussi boudeuse.

_________________________________________


Cette sortie, il la faisait toujours contraint et forcé et la vivait comme une torture. Coincé dans l’ascenseur entre deux personnes et ses sacs de courses, Colt ferma les yeux un instant pour conserver son calme. Il avait la sensation d’être dans une putain de cabine de douche avec deux inconnus indésirés. Oui, la proximité avec autrui, ce n’était clairement pas son truc.
Il regretta un peu de ne pas avoir pris l’escalator. Il maudissait l’idée qui l’avait poussé à se fourrer dans ce compressoir à humains. Il fallait dire que faire un centre commercial à plusieurs étages n’était selon lui pas forcément une idée brillante. Le calcul était d’une simplicité honteuse : Plusieurs étages = Plus d’espace = Plus de monde. C’était décidé, à présent, il commanderait ses courses en ligne.

Les yeux fermés, il commençait à entrevoir la liberté quand il vit le rez-de-chaussée approcher sur l’écran lumineux. Pourtant... Pourtant.
Colt sentit l’ascenseur s’arrêter sans crier gare et ouvrit de grands yeux étonnés, le regard braqué sur le cadran lumineux qui s’était arrêté au 9.

Il y eut un instant de silence pendant lequel personne ne parla, comme si les choses allaient se décanter d’un claquement de doigt. Quelques minutes passèrent sans que rien ne se passe. Il flottait comme une odeur de panne,  et Colt sentait peu à peu la colère titiller sa patience. Il enjamba ses sacs de courses, essaya à plusieurs reprises de ré-appuyer sur le bouton du rez-de-chaussée mais constata que ça ne servait à rien. Agaçé, il décida d’appeler l’aide technique.
L’index sur le bouton d’appel, il avança sa bouche du haut parleur et dit d’une voix teintée d’impatience :

«Y a quelqu’un ?! On est bloqués !»

Silence radio. Les yeux rivés sur le haut-parleur, Colt eut l’impression qu’un géant était venu lui chier sur la tronche sans qu’il s’en rende compte.

« Vous êtes sourds ?! Arrêtez la branlette et sortez-nous de là, BORDEL. »

Colt n’aimait pas les gens, et il aimait encore moins être coincé avec les gens. Cette configuration lui donnait des boutons, pourtant il se mit à souffler à plusieurs reprises pour tempérer sa colère.

«S’il vous plait, aidez-nous... je... je suis claustrophobe. Et enceinte.»

Colt se retourna précipitamment et regarda une des occupantes, aussi grosse qu’une barraque à frites. La bouche entrouverte, il se frappa le front, consterné. Elle était au moins à huit mois de grossesse.

«... et je commence à avoir un peu chaud...»

Colt lui jeta un regard indescriptible et constata qu’elle avait le front couvert de sueur. Effaré, Colt jeta un oeil à l’autre occupant(e) et se remit à inspirer et expirer pour calmer son coeur.
Quand il se tourna à nouveau, ce fut pour donner une floppée de coups dans le bouton d’appel tout en braillant à tue-tête des remarques pas toujours agréables.
Au bout de quelques secondes finalement, il cessa de brailler et prit sa respiration avant de dire avec un calme Olympien mais un ton extrêmement menaçant :

« Venez nous sortir de là avant que l'autre nous ponde un oeuf parce que si vous vous magnez pas un peu le train, il va y avoir du sang. »

Une chose était certaine. Cette journée était merdique, au propre comme au figuré.

made by roller coaster
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Lun 19 Fév 2018 - 11:12
Kieran Christopher
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La cabine de douche




Kieran n'avait pas la force de se lever. Il dormait sur le canapé pourri de son garage où tout client avait déserté à l'annonce de son petit tour en zonzon. Clients officiels comme les officieux.
Il n'avait plus de came, plus de contact, plus d'ami (Sam ne lui avait pas parlé depuis sa sortie et Steeve avait disparu). Il était dans un vide sidéral.
La solitude ne le dérangeait pas, au contraire. Après quatre mois de bruits incessants, il accueillait le calme comme une vrai délivrance. Mais le manque de réponse vis à vis de ses amis le rendait fou. Leur était-il arrivé quelque chose? La police avait-elle fait pression sur eux? Ou tout simplement le haïssaient-ils jusqu'à ne plus lui adresser la parole après sa disparition? Ou pire encore, ils avaient continué leur vie sans lui. Il était bien au courant des sentiments de Steve à l'égard de Sam. Malgré ses erreurs passées, Sam avait toujours eu de l'affection pour elle. Et il pouvait lui apporter la stabilité dont sa fille avait besoin. Kieran ne leur en voulait pas si tel était le cas mais il voulait savoir, être fixé une bonne fois pour toute.

Il commençait également à manquer cruellement d'argent. Ses placards se vidaient inexorablement et les clients ne revenaient pas. Il fallait qu'il fasse quelque chose dans tous les cas. Les Blacks Eagles ne semblaient pas au top de la forme et ne l'avait pas recontacté de toute façon. Le clan avait-il été dissout?

Un mal de tête lui broyait les méninges. Il ne savait pas si c'était du au whisky ingéré la veille ou à la myriade de questions qui tournoyait dans sa tête. Surement les deux. Il se redressa sur son canapé miteux et se grilla une clope dans le silence du matin. Son bide se tordait en grognant, il n'arrivait pas à distinguer la faim de sa cuite et préféra ne pas manger au cas où. Il écrasa sa clope dans le cendrier débordant et se dirigea d'un pas traînant vers la douche. L'eau salvatrice lavait les odeurs de tabac froid et de renfermé qu'il traînait sur lui depuis deux jours. Aujourd'hui, il s'était enfin décidé à sortir pour chercher du travail.

Il revêtit des habits propres et enfila son manteau. Il attrapa ses clés et ses clopes et sortit en claquant la porte arrière. Lorsqu'il démarra sa voiture, le bruit sourd du moteur qui retentit le rassura. Voilà enfin quelque chose qu'il connaissait et qu'il maîtrisait. Les voitures, les courses, les moteurs et leur mécanisme. Soupirant il fit vrombir le moteur et prit la direction du centre commercial sans vraiment savoir pourquoi. Manier un volant avait quelque chose d’enivrant. Il dirigeait quelque chose et cette chose ne pouvait pas partir en couille pour une fois. Il était mauvais en relations humaines et pouvait foirer tout ce qu’il entreprenait, mais pas ça. Pas la mécanique, ni la conduite. Il se sentait revivre en partie dans sa voiture favorite qu’il avait passé des années à acquérir puis à améliorer. Il avait presque l’impression qu’il ne lui restait que ça dans sa vie. Sa voiture et son garage vide.
Il avait une envie irrépressible de se fumer un joint ou de se taper un rail. Au moins, il aurait eu de quoi oublier ses problèmes pour un instant. Dans l’euphorie du produit, il aurait pu se reposer. Mais malgré son innocence déclarée par le tribunal, il savait que la police le suivait et il ne pouvait risquer de se faire coincer pour si peu et leur donner une raison de le renvoyer au trou. Ses jointures devenaient blanches sur le volant et ses dents grinçaient de colère. N’avaient-ils vraiment que ça à foutre ? N’avaient-ils pas plus gros à coincer ?

Il finit par se garer dans son mutisme quotidien et descendit de voiture. Il erra dans les allées du centre commercial, se concentrant pour ne pas s’énerver sur chaque bruit que ces bipèdes à grande bouche faisaient constamment. Les humains étaient vraiment insupportables. Il n’entra dans aucune boutique et ne parla à personne. Il finit par renoncer et entra dans l’ascenseur pour retourner vers sa voiture. Deux personnes entrèrent également mais il n’y prêta pas attention, souhaitant que cette étape passe rapidement. Il avait horreur de cette proximité imposée. Malheureusement son souhait ne fut pas exaucé, bien au contraire. Après un soubresaut anormal, l’ascenseur s’immobilisa à deux pas de leur arrivée. Une fois de plus il serra sa mâchoire pour contenir la colère qui le rongeait. Le petit blond devant lui commença à s’exciter sur le bouton d’appel et Kieran ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel. Pour qui se prenait-il, l’énergumène ? Il commençait à taper sur les nerfs de Kieran à vociférer comme ça. Ils étaient tous dans la même merde, pas la peine de leur gâcher l’oxygène. Quand la troisième personne ouvrit la bouche, il s’avéra que la situation allait s’empirer. Il s’agissait d’une femme enceinte et claustrophobe par-dessus le marché. Kieran ne put s’empêcher de grommeler dans sa barbe. Lui qui ne voulait aucune interaction humaine avait été servi. Comme si Dieu se vengeait en personne de toutes les conneries qu’il avait pu faire. « Tiens Kieran, bouffe-toi ça et on reparle de ton comportement ! ».

Kieran ne pu se contenir plus longtemps et se tourna vers le blond qui continuait à vociférer.

« Ça ne sert à rien de t’acharner dessus à part à faire paniquer encore plus la dame... » souleva-t-il d’une voix froide et passablement irrité. Il sortit son téléphone et constata qu’il n’avait pas de réseau. « Je n’ai pas de réseau » grogna-t-il dans sa barbe.

Il jeta un coup d’œil à la femme qui les regardait tour à tour d’un air très paniqué, des yeux globuleux et de la sueur perlant sur son visage. Dans quelle merde étaient-ils ? Kieran était à court de solution. Il regarda vers le haut et vit la trappe de l’ascenseur. Il ne voulait pas faire comme dans les films, il savait que c’était du pipo, on n’ouvrait pas un ascenseur à mains nues.
Il se tourna à nouveau vers le blondinet.

« Tu as du réseau ? » lui lança-t-il espérant qu’il aurait plus de ressources que lui.

La colère et le stress lui donnait une irrépressible envie de s’en griller une.



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